Comment ça marche ?Annuaire de liens

2)Deuxième étape:1946: le discours de Winston Churchill à Zurich le 19 septembre 1946.

Publié : Le 01 Février 2006 à 14:13
Écrit par
Article vu : 4 468 fois
À ce moment, Churchill n'a plus de responsabilité gouvernementale. Les travaillistes l'ont remporté en Grande Bretagne. Toutefois, Churchill ne...
À ce moment, Churchill n'a plus de responsabilité gouvernementale. Les travaillistes l'ont remporté en Grande-Bretagne. Toutefois, Churchill ne se réfugie pas dans une attitude passive -
- il tient à être encore présent sur la scène internationale en faisant un peu office de « vieux sage » et veut jeter les fondements d'une paix durable en Europe. En Europe, à cette époque, il existe une opposition presque viscérale entre la France et l'Allemagne. Après six ans de guerre et d'occupation marquée par les camps de déportation, les exécutions sommaires, les massacres comme à Oradour, l'opinion publique française semble durablement meurtrie
- tant et si bien que pour beaucoup, l'Allemagne se confond encore avec l'Allemagne nazie bien que les hommes qui vont prendre la direction de ce pays aient souvent été victime du régime hitlérien comme ce fut le cas pour Conrad Adenauer. Pour Churchill, la solution aux problèmes de la paix doit résider dans le regroupement des états européens -
- c'est toute la signification de son discours du 19 septembre 1946.

Trois points principaux dans ce discours :

-Tout d'abord le souhait qu'un maximum d'états européens acceptent de s'unir. Churchill lance la formule « les États-Unis d'Europe ». -Ensuite le souhait que la France l'Allemagne se réconcilient. -Enfin, et c'est là le plus surprenant, Churchill souhaite que la Grande-Bretagne ne fasse pas partie de l'Europe. Pour Churchill, la signification de ce discours est le reflet de toute sa stratégie politique : Churchill anticipait la volonté d'hégémonie des Russes et c'est donc prononcé en faveur d'une Europe unie pour que celle-ci joue le rôle de « butoir » entre les Russes la Grande-Bretagne. D'un autre côté, la Grande-Bretagne ne ferait pas partie de cette Europe unie car ses intérêts commerciaux et économiques sont plutôt de continuer à entretenir des relations privilégiées avec les USA et le Canada. En France, le discours de Churchill a été moyennement bien accueilli car la guerre était encore trop proche. Toutefois, le discours a coïncidé avec une mobilisation importante de la classe politique en faveur de l'Europe. Chaban-Delmas, Gaston Defferre, et bien sûr Jean Monnet sont devenus des Européens convaincus. Plus tard, Jean Monnet sera d'ailleurs considéré comme le père de l'Europe.
Loading...